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Sans pain, sans fricot, au treizième
on n'boit que de l'eau !!

 
 
 
 

Monument aux morts du Clos Savoiroux  

Lundi 23 juillet

Unis en 1945 comme à l’heure actuelle.
Nous sommes au printemps 1945, dans quelques semaines le plus meurtrier des conflits va s’achever par la capitulation sans condition de l’Allemagne. Mais si les villes et les vallées savoyardes respirent déjà le parfum de la liberté depuis l’été 44, les forces de l’axe s’accrochent encore aux grands cols frontaliers des Alpes. Pour soulager la pression de l’ennemi sur les armées franco-anglo-américaines se battant encore dans la plaine du Pô, le général Clark, commandant le 15ème groupe d’armées allié demande à l’armée des Alpes d’exécuter une succession d’attaques sur les cols. C’est la 5ème demi brigade Alpine du colonel de Galbert qui va être chargée de reprendre le col du petit Saint Bernard. Et la tache en ces mois de mars et d’avril 45 s’annonce des plus rudes car non seulement les positions sont solidement tenues par des troupes d’élite, composées de ‘Gebirgsjäger’ et d’Alpinis’ mais les conditions météos à plus de 2300 mètres vont s’avérer des plus terribles. A quelques jours d’intervalles, les 7 et 13ème Bataillon de Chasseurs vont monter à l’assaut du Petit Saint Bernard. Pour le ‘Bataillon de Savoie’ (13), l’objectif est de reprendre les crêtes du Roc Noir. Quand au Bataillon de la Tarentaise (7), il reçoit comme mission de s’emparer des postes d’observation situées au sommet du piton de Belleface. Dans la tempête, le froid, encore bien mal équipés en matériel et en armement, beaucoup de ces  volontaires issus des rangs de l’Armée Secrète, des FTP et de la résistance vont mourir pour libérer les dernières parcelles de la terre de France encore aux mains de l’occupant.
Chaque année, le 1er dimanche d’août, les derniers survivants de cette époque héroïque entourés de leurs amis, de leurs familles ou des générations suivantes ayant servi sous la tenue bleue, se retrouvent pour commémorer les combats et rappeler le souvenir de leurs camarades disparus. Dimanche dernier, c’est sous un ciel limpide et par une douce chaleur estivale que se sont déroulées les diverses cérémonies. Pour le 7ème Bca, dépôt de gerbes au sommet de Belleface et autour de la stèle érigée le long de la route du col. Quant au 13, c’est après une messe en altitude qu’une foule très nombreuse s’est recueillie en présence d’un détachement de chasseurs alpins au pied du monument du Roc Noir (2342 mètres).
Toujours accueillis avec chaleur par la municipalité de la Rosière Mont Valezan et son premier magistrat, Jean Claude Fraissard, les soldats de montagne du 7 et du 13 se sont retrouvés, après des années d’interruption pour une cérémonie commune au cœur de la station. Instants d’émotion au travers d’une cérémonie présidée conjointement par les maires des communes de la Rosière, de Seez, les chefs de corps des deux bataillons frères et les présidents de leurs amicales respectives. Instants de partage également qui aura réuni les nombreux  fanions et drapeaux du souvenir des unités ayant participé aux combats sur les Alpes. Enfin, le temps cicatrisant souvent les blessures les plus profondes à défaut d’apporter l’oubli, on relève d’année en années une présence de plus en plus marqué  d’Italiens et d’Allemands. Une façon peut-être de croire la paix définitivement possible ?

 

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