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Sans pain, sans fricot, au treizième
on n'boit que de l'eau !!

 
 
 
 

Hommage à Ricou.

 


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L’hommage de ses frères d’armes et compagnons de cordée Fidèle au serment du guide acceptant de tenter l’impossible pour préserver la vie de ses clients, l’adjudant chef Henri Augareils, guide de haute montagne d’Aix les Bains a disparu dans la nuit du 5 au 6 aout 2010 alors qu’il accompagnait un groupe d’alpinistes en trekking au Ladakh (*). Alors que tous les participants se trouvaient dans la tente mess, un vent violent s’est mis à secouer la toile. Henri s’est précipité pour maintenir le mat central pour permettre aux autres personnes de s’échapper alors que l’eau et la boue envahissait à leur tour l’abri. Une des survivantes a écrit dans son témoignage «En tenant la tente, Henri Augareils nous a probablement sauvé la vie». La montagne sait parfois se montrer cruelle. Le corps du guide savoyard repose désormais pour l’éternité à plus de 4 000 mètres tout près d’un petit village au nom de Sumda Chemno.

Vendredi matin au sein du quartier Roc Noir, où l’adjudant-chef Henri Augareils a effectué les plus belles années d’une longue carrière militaire, ses frères d’armes et ses compagnons de cordée ont entouré son épouse Marie-Claude, ses deux enfants, Eliane, Pascal, son frère et ses trois sœurs pour lui rendre un ultime hommage. L’hommage à un homme qui avait fait de sa passion pour la montagne, un métier. Une cérémonie simple avec les témoignages de ceux qui ont croisé sa route sous les drapeaux, avec qui il avait tutoyé le ciel sur les plus hautes montagnes du monde ou encore à qui il a su insuffler l’esprit du métier de soldat et de montagnard. Enfin pour que son souvenir continue à imprégner les générations futures, une plaque a été apposée au pied du mur d’escalade du gymnase du 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins.

(*)Le drame s’est produit à l’heure où cette partie du mode subissait des inondations qui ont fait des milliers de morts et de disparus

Henri Augareils d’Aix les Bains.

Originaire du Pays Basque, où il passe toute son enfance et son adolescence Henri Augareils choisit le métier des armes en 1969. Après un court passage à Pau, il rejoint le 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins en 1970 (BCA). Ce sera le début d’une longue carrière de soldat de montagne sous la tenue bleue des Chasseurs. Durant six années, ‘Ricou’ va servir comme chef de groupe et sous-officier adjoint avant de rejoindre le prestigieux Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM) que vient de porter sur les fonds baptismaux, le capitaine Jean-Claude Marmier. C’est au sein de ce pôle d’excellence que va s’affiner et s’affirmer sa vocation de montagnard. Son physique exceptionnel et son esprit de compétition alliés à un charisme et une rare force de caractère vont être couronnés par l’obtention des diplômes de guide de haute montagne et de moniteur national de ski. C’est également durant ces années qu’Henri va gravir les plus beaux et les plus exigeants itinéraires du massif du Mont Blanc comme mettre toute son énergie à poursuivre des objectifs de plus en plus élevés. En 1980, il sera l’un des piliers de l’expédition militaire à l’Everest.

Cette période exaltante achevée, il est affecté au 27ème BCA, puis au 13ème BCA, son dernier Bataillon. Appelé à servir au poste d’Officier montagne, le guide n’aura de cesse d’être un conseiller avisé et apprécié des chefs de corps. Mais c’est surtout au service des plus jeunes générations qu’il va mettre ses qualités de pédagogue, de formateur et de leader. Avec humilité, conscience professionnelle, générosité et une ténacité propre aux Pyrénéens, il n’aura eu d’autre objectif que de faire partager sa passion de la montagne. En 2010, il quitte le service actif mais pas le milieu montagnard où il va continuer à enseigner le ski, accompagner des groupes sur les plus hauts sommets de l’Amérique latine et de l’Himalaya et ce entre de longs séjours au Liban dont il était tombé amoureux après avoir participé à la formation montagne de ces militaires. Ne supportant pas la médiocrité, animé d’un profond sens de la justice et faisant preuve en toutes circonstances des plus belles qualités humaines, il aura vécu passionnément son métier de guide. Jusqu’à ce jour du 5 août 2010, où au Ladakh alors qu’il encadrait un groupe de trekkeurs, ‘vieux guide’ va être arraché à l’affection de son épouse, Marie-Claude, de ses deux enfants, Pascal, Eliane, de son frère et de ses trois sœurs. À des milliers de kilomètres de sa terre natale béarnaise et des montagnes des Alpes qu’il aimait tant escalader et parcourir à ski.