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Sans pain, sans fricot, au treizième
on n'boit que de l'eau !!

 
 
 
 

Henri Revel

 

 

à Barby Avec la disparition d’Henri Revel, c’est une des dernières figures emblématiques de la Résistance en Savoie qui vient de nous quitter. Agé de 96 ans, Henri vient de s’en aller rejoindre ses camarades et compagnons de combat. Tous ceux qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, ont refusé l’occupation et l’humiliation en sacrifiant leur jeunesse pour l’Honneur et la Liberté de la France. Savoyard, originaire de Chambéry, Henri Revel a 25 ans lorsque la guerre éclate entre la France et l’Allemagne. Comme beaucoup il est mobilisé en 1940. C’est au sein de la ‘Belle deux’ du 13ème BCA qu’il va vivre la ‘drôle de guerre’. Tout d’abord sur la frontière italienne au Mont Cenis avant de rejoindre l’Alsace. Puis ce sera l’expédition de Namsos en Norvège avant de participer à la bataille de la Somme où au cours d’une attaque à la baïonnette, beaucoup de ses camarades vont mourir. Autant de tragédies qui vont profondément marquer l’homme et décider Henri à rentrer dans la Résistance. Démobilisé à Cahors fin août 40, il fait ses premières armes aux cotés de Lucien Rose. Sous officier à l’époque, ce dernier deviendra à la libération de Chambéry le premier Préfet de Savoie. Ses premières missions seront faites de renseignements au profit des alliés mais aussi de distribution sans relâche des journaux, tracts et courriers de la résistance. Une période qui verra également Henri Revel réceptionner les parachutages d’armes et de matériels des alliés (Granier en 43, Col des prés début 44, Col des Saisies en Août 44) et mener de nombreuses actions de sabotages notamment sur les voies ferrées de la Tarentaise et de la Maurienne. Le 10 septembre 1943, dénoncé par un milicien chambérien, il est arrêté par la gestapo rue des Lauriers. Avec un peu de chance, il s’évade à hauteur de la rue d’Italie et s’enfuit dans les Bauges, refuge naturel de la résistance. Début août 44, pendant la fête des Rogations, les allemands cernent Barby où habitait sa mère. Heureusement prévenu la veille, Henri avait déjà rejoint les hauteurs du Margeriaz. Enfin, après être entré dans Chambéry le jour de la libération de la ville à bord de deux camionnettes il y aura ce dernier combat en Combe de Savoie. Nous sommes en août 1944, les convois allemands se retirent vers la Tarentaise et la Maurienne. Une embuscade leur est tendu à hauteur de Chignin. La section d’Henri va perdre deux hommes et avoir quatre blessés graves dans l’accrochage. Mais de sa vie dans l’ombre, Henri conservera une cicatrice que le temps n’a jamais pu effacer. Le regret d’avoir confié des munitions pour les cacher à Ernest Grangeat, fermier du domaine agricole du château du Biollay. Dénoncé ce dernier sera assassiné par la milice le 7 janvier 44 et sa ferme brûlée. Après la guerre, Henri va exercer le métier de boucher à St Alban Leysse, jusqu’en 1996. Attaché au devoir de mémoire, il va s’investir régulièrement dans les écoles pour apporter son précieux témoignage sur une époque qu’il n’a jamais pu oublier. Homme de devoir et d’honneur, Henri restera aussi dans la mémoire de tous ceux qui l’ont côtoyé comme un bon vivant à l’amitié et à la joie de vivre communicative. Henri Revel était Chevalier de la Légion d’Honneur et chevalier de l’Ordre National du Mérite. Il était également décoré de la médaille militaire, de la croix de guerre 39-45 avec palme, de la médaille de la résistance, de la médaille de Norvège et de celle du combattant. GJ’est avec un plaisir non dissimulé et la tête encore pleine de souvenirs que huit anciens du 13ème Bataillon de chasseurs Alpins, originaires de la Savoie, de la Haute Savoie mais aussi de l’Alsace, de la Franche-Comté et de la Loire se sont retrouvés lundi matin au Quartier Roc Noir de Barby. Des anciens ayant tous effectué leur service militaire en 1965 au sein de la Fanfare du Bataillon Savoie alors implanté au cœur de Chambéry (quartiers Joppet et Barbot). Ils ont été accueillis par une délégation de l’Amicale du 13 et invités avec leurs épouses à découvrir le quartier Roc Noir et la salle d’honneur du Bataillon en compagnie du capitaine Coutisson et du Major Goffoz.